Alors que la réforme de la biologie française reconnaît la profession comme un maillon essentiel dans la chaîne de santé, le Portugal prend une direction opposée en permettant la direction d’un laboratoire à un technicien.
Jean-Pierre Molgatini, Président de la Confédération des Biologistes Europées (CBE) est intervenu auprès de la Ministre de la santé du Portugal pour lui faire part de son émoi.
« Madame la Ministre
Prenant connaissance des projets de réforme de la Biologie Médicale au Portugal, la Confédération des Biologistes Européens (CBE) que je préside, tient à réaffirmer fermement le caractère médical de notre profession de biologiste médical , directeur de laboratoire d'analyses de biologie clinique.
Ce rôle nécessite en effet une formation d'un minimum de neuf années, telle que définie et reconnue par l'European Community Confederation Clinical Chemistry and Laboratory Medicine (EC4LM) et les autorités européennes.
Tout autre professionnel (technicien ou autre) travaillant dans un laboratoire ne peut exercer que sous le contrôle direct du "Biologiste Médical", qu'il soit médecin ou pharmacien, ainsi que la France vient de le légiférer. »
De son côté, Simone Zérah, Présidente du comité « Profession » EFCC et Présidente de la commission du Registre EC4 a écrit une lettre cosignée par le Pr. Jean Gérard Gobert, Président de la Fédération nationale des Syndicats de Biologistes Hospitaliers et hospitalo-universitaires, le Pr. Jean-Luc Wautier, Président du Syndicat National des Médecins Biologistes des CHU, Thomas Nenninger, Président du syndicat des jeunes biologistes médicaux et par Jean Benoit, Président du Syndicat des Biologistes, Président de la fédération Euro Méditerranéenne des laboratoires de biologie, Vice-président de l’Union Nationale des Professions de Santé, dont voici des extraits :
« Le Dr. Henrique Reguengo, représentant Portugais au sein de EFCC - European Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine, nous a suggéré de vous écrire pour insister sur la position commune en Europe.
Aujourd’hui nous avons évolué vers une biologie purement analytique, plus coûteuse et de moindre efficacité pour les patients une biologie médicale qui s’attache à la pertinence des examens biologiques pratiqués, à la fiabilité de l’ensemble des phases de ces examens (pré-analytique, analytique et post-analytique) et à l’efficience de la discipline (notamment en maîtrisant les volumes de prescription).
La France a choisi des professionnels très qualifiés pour le rôle de Biologiste Médical: les médecins biologistes et les pharmaciens biologistes, titulaires d´un titre de Spécialiste en Biologie Médicale. (Ordonnance no 2010-49 du 13 janvier 2010) et l’analyse de biologie est devenue un examen de biologie médicale qui est un véritable acte médical.
Dans toute l´Europe, la différence entre techniciens et Spécialistes en Biologie Médicale est bien définie. Les laboratoires de biologie médicale, qu’ils soient privés ou publics, sont dirigés par un biologiste médical (biologiste-responsable). Le biologiste médical bénéficie des règles d’indépendance professionnelle reconnues au médecin et au pharmacien dans le code de déontologie qui leur est applicable.
Les différentes organisations professionnelles et scientifiques qui représentent les Spécialistes en Biologie Médicale en Europe sont organisées au tour de l’EFCC - European Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine. Nous sommes en contact avec la commission Européenne, à Bruxelles, pour harmoniser les législations sur les qualifications professionnelles en Europe.(actuellement sur la base d’une formation minimale de 9 ans).
Les propositions pour cette formation professionnelle sont actuellement acceptées par la Commission Européenne comme un processus de « Self-Regulation » (donc de recommandation aux pays de l’Union Européenne.) pour la profession de “Clinical Chemistry and Laboratory Medicine Specialist“.
Notre but est de défendre la qualité de notre profession en médecine de laboratoire et de répondre aux souhaits de la Directive Européenne sur les qualifications professionnelles :« …Il est indispensable pour les professionnels de pouvoir justifier d’un niveau de qualification suffisant, afin que le citoyen bénéficie d’une prestation de soins comparable quels que soient la nationalité du professionnel et le pays dans lequel il exerce… »
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